ThyssenKrupp AG a publié ses indicateurs de performance clés pour l'exercice 2024/25, détaillant les métriques financières qui pilotent les décisions stratégiques et opérationnelles du groupe. Quatre indicateurs centraux structurent le pilotage : l'EBIT ajusté (bénéfice avant intérêts et impôts ajusté), le FCF avant fusions et acquisitions (flux de trésorerie disponible), le résultat net et la valeur ajoutée ThyssenKrupp (tkVA) ou le retour sur capital employé (ROCE). Ces indicateurs déterminent également les composantes variables de la rémunération des dirigeants. Le groupe, acteur majeur de l'acier de construction en Europe, communique ces données dans le cadre de sa gouvernance d'entreprise, pages 29 à 30 du rapport annuel 2024/25.

Quels sont les indicateurs financiers prioritaires pour ThyssenKrupp ?

ThyssenKrupp AG s'appuie sur quatre métriques pour évaluer la rentabilité, la liquidité et la création de valeur de ses segments d'activité :

  • EBIT ajusté : bénéfice opérationnel hors éléments exceptionnels (restructurations, dépréciations d'actifs, gains ou pertes de cession, et contrats à terme CO₂ du segment Steel Europe). Il permet une comparaison interannuelle plus fiable de la performance opérationnelle.
  • FCF avant fusions et acquisitions : flux de trésorerie opérationnel moins flux d'investissement, hors transactions M&A matérielles. Dès l'exercice 2025/2026, l'ajout d'actifs de droit d'usage (leases IFRS 16) ne sera plus reconnu comme investissement dans cet indicateur ; seuls les paiements de loyers effectifs (principal et intérêts) seront intégrés.
  • Résultat net/(perte) : profit généré dans l'exercice, calculé comme solde positif de tous les revenus et charges, y compris intérêts et impôts. Il mesure la capacité bénéficiaire globale du groupe.
  • tkVA et ROCE : la valeur ajoutée ThyssenKrupp représente la valeur créée dans l'année, calculée en soustrayant le coût du capital employé de l'EBIT. Le ROCE (ratio EBIT sur capital employé) exprime le rendement relatif. Si le ROCE dépasse le coût moyen pondéré du capital (WACC), le groupe a créé de la valeur.

Ces quatre indicateurs forment la base des décisions stratégiques et opérationnelles du conseil d'administration, définissent les objectifs des segments et structurent les plans budgétaires et à moyen terme préparés par toutes les unités du groupe.

Comment l'EBIT ajusté améliore-t-il la comparabilité de la performance ?

L'EBIT ajusté retraite le résultat opérationnel en excluant les éléments spéciaux : mesures de restructuration, dépréciations ou reprises de valeur sur actifs courants et non courants, gains ou pertes de cession, et revenus ou charges liés aux contrats à terme CO₂ du segment Steel Europe. Cette exclusion rend la métrique plus adaptée que l'EBIT brut pour comparer la performance opérationnelle sur plusieurs périodes, car elle élimine la volatilité due à des événements ponctuels ou à des ajustements comptables. Le groupe précise que l'EBIT inclut tous les éléments du compte de résultat liés à la performance opérationnelle, y compris les revenus et charges financiers considérés comme opérationnels — notamment les revenus et charges d'investissements détenus à long terme. Cependant, l'investissement dans l'ancien segment Elevator Technology, sans lien stratégique ou opérationnel avec les activités poursuivies, est exclu des revenus/charges financiers opérationnels et donc de l'EBIT.

Le rapport annuel fournit une réconciliation détaillée de l'EBIT ajusté et des éléments spéciaux dans les sections « Analyse des résultats d'exploitation du groupe » et « Revue des segments », ainsi que dans les notes consolidées (Note 24).

Pourquoi le FCF avant fusions et acquisitions change-t-il dès 2025/2026 ?

Le FCF avant fusions et acquisitions permet une évaluation de la performance basée sur la liquidité en mesurant les flux de trésorerie d'exploitation, hors revenus et dépenses liés à des mesures de portefeuille matérielles. Il est calculé comme le flux de trésorerie opérationnel moins les flux d'investissement, à l'exclusion des entrées ou sorties de trésorerie provenant de transactions M&A matérielles. Cette métrique est plus directement liée aux activités opérationnelles et facilite la comparabilité dans les analyses multi-périodes.

À partir de l'exercice 2025/2026, l'ajout d'actifs de droit d'usage (leases conformes à IFRS 16) ne sera plus comptabilisé comme investissement dans le FCF avant M&A. À l'avenir, les paiements de loyers effectifs — comprenant les composantes de remboursement et d'intérêts — seront intégrés dans le calcul des flux de trésorerie. Cette évolution vise à rapprocher la métrique de la réalité économique des sorties de trésorerie et à améliorer la transparence pour les investisseurs et analystes.

Comment ThyssenKrupp mesure-t-il la création de valeur ?

La valeur ajoutée ThyssenKrupp (tkVA) est la valeur créée au cours d'une année de reporting. Cet indicateur permet de comparer la performance financière d'activités à intensité capitalistique variable. Le tkVA est calculé en soustrayant de l'EBIT le coût du capital employé dans l'activité opérationnelle. Le capital employé comprend principalement les actifs immobilisés, les stocks et les créances, moins certains postes de passif non rémunérés tels que les comptes fournisseurs. Le coût du capital s'obtient en multipliant le capital employé par le coût moyen pondéré du capital (WACC), qui intègre les pondérations des capitaux propres et de la dette.

Le groupe utilise le retour sur capital employé (ROCE) pour déterminer le rendement relatif généré. Le ROCE est le ratio de l'EBIT sur le capital employé. Si le ROCE dépasse le WACC — c'est-à-dire les rendements dus aux actionnaires et aux prêteurs —, le groupe a créé de la valeur. L'évolution de tkVA et ROCE au cours de l'exercice 2024/25 est détaillée dans la sous-section « ThyssenKrupp Value Added (tkVA) » du rapport sur la situation économique.

Quelles implications pour le secteur de l'acier de construction ?

La publication des indicateurs financiers de ThyssenKrupp intervient dans un contexte où l'industrie de l'acier vert européenne fait face à une pression accrue : coûts énergétiques, concurrence mondiale et transition vers la réduction directe au procédé DRI hydrogène. Le pilotage par EBIT ajusté et FCF permet au groupe de distinguer la performance opérationnelle récurrente des impacts ponctuels liés aux restructurations et aux ajustements de portefeuille. Pour les acteurs du secteur acier et métaux, la transparence accrue sur les métriques de liquidité et de création de valeur facilite l'évaluation de la capacité d'investissement dans les technologies bas carbone et les infrastructures de production. Le segment Steel Europe, en particulier, porte l'exposition aux mécanismes CBAM et aux contrats à terme CO₂, dont les effets sont désormais isolés dans le calcul de l'EBIT ajusté.

Les plans budgétaires et à moyen terme définis par le conseil d'administration pour les segments forment le cadre des objectifs financiers à court et moyen terme. Les investisseurs et analystes peuvent consulter le rapport annuel en ligne pour une réconciliation complète et des détails sur l'évolution des indicateurs clés, la stratégie d'entreprise et les prévisions pour l'exercice 2025/2026. Les informations complètes sont disponibles dans le rapport annuel en ligne de ThyssenKrupp AG.

Que retenir pour votre approvisionnement en acier de ferraillage ?

Si vous planifiez des projets de béton armé ou de construction métallique, la stabilité financière de vos fournisseurs d'acier influe directement sur la fiabilité des délais de livraison et la prévisibilité des prix. Les indicateurs publiés par ThyssenKrupp — notamment le FCF avant M&A et le ROCE — offrent un aperçu de la capacité du groupe à maintenir ses investissements dans les capacités de production et la transition énergétique. Pour les bureaux d'études et les maîtres d'ouvrage, suivre la santé financière des sidérurgistes européens permet d'anticiper les tensions d'approvisionnement et d'ajuster les stratégies d'achat. La transparence sur les coûts du capital et les restructurations facilite également l'évaluation des risques de chaîne logistique, un enjeu croissant dans un contexte de transition vers l'acier vert.