Vous travaillez sur des fondations, des radiers ou des réservoirs ? Vous devez alors choisir le bon traitement contre l'eau. Les hydrofuges réduisent la perméabilité à l'eau des matériaux cimentaires, mais deux familles distinctes existent : l'hydrofuge de masse, incorporé dans le béton lors du malaxage, et l'hydrofuge de surface, appliqué après durcissement. Comprendre leur différence est essentiel pour éviter les erreurs de chantier et garantir la durabilité de l'ouvrage.

Un hydrofuge de masse est un adjuvant ajouté directement dans la composition des mortiers et bétons de ciment. Il agit de l'intérieur pour réduire l'absorption capillaire. Contrairement à un revêtement superficiel, il protège l'ensemble du matériau, même en cas de fissure ou d'abrasion de surface. Les hydrofuges de masse sont généralement des sels d'acides gras solubles dans l'eau, comme le stéarate de sodium ou l'oléate de sodium.

Lorsqu'ils sont dissous dans l'eau de gâchage, ces sels entrent en contact avec la chaux du ciment et forment des cristaux de sels de calcium insolubles. Ces cristaux obstruent le réseau capillaire du béton, limitant ainsi la progression de l'eau par capillarité.

Le dosage doit respecter une précision : un ratio de 0,5 à 2 % de la masse de ciment utilisé. L'hydrofuge de masse doit être incorporé au malaxage, pendant la préparation du béton ou du mortier, avec une homogénéisation complète pour garantir l'efficacité.

L'hydrofuge de surface s'applique uniquement à la surface du béton durci. Il forme une imprégnation hydrophobe qui empêche l'eau de pénétrer par la face exposée. Il convient particulièrement aux ouvrages existants ou aux surfaces exposées aux intempéries, comme les façades, les murs de clôture ou les terrasses. Son application est plus simple que l'incorporation d'un adjuvant, mais il n'offre aucune protection en profondeur.

Les hydrofuges de masse sont privilégiés dans les ouvrages en contact permanent ou fréquent avec l'eau. Ils sont utilisés dans les fondations pour protéger contre les remontées capillaires, dans les radiers pour les sous-sols et caves, et dans les réservoirs pour le stockage d'eau. Ils sont également utilisés dans les mortiers d'étanchéité.

Avant de choisir un traitement, évaluez plusieurs paramètres : le type d'ouvrage (neuf ou rénovation, contact permanent ou occasionnel avec l'eau), l'exposition (pression hydrostatique, pluie battante, éclaboussures), l'accessibilité du matériau avant ou après coulage, et la compatibilité avec d'autres adjuvants.

L'hydrofuge de masse ou de surface n'est jamais une solution isolée. Il s'inscrit dans une conception globale de l'étanchéité, qui inclut le dimensionnement correct de la structure, le traitement des joints et des points singuliers, ainsi que le drainage périphérique pour évacuer l'eau loin de l'ouvrage.