Les produits de construction et de finition libèrent des composés organiques volatils (COV) qui dégradent la qualité de l'air intérieur et présentent des risques pour la santé des occupants et des applicateurs. Depuis 2012, la France impose un étiquetage des produits de construction et de bricolage indiquant leurs niveaux d'émission de polluants volatils. Cette réglementation, issue du décret n°2011-321, vous aide à identifier les matériaux faiblement émissifs et à réduire l'exposition aux substances nocives sur vos chantiers.

Que sont les composés organiques volatils (COV) ?

Un composé organique volatil est une molécule contenant au moins un atome de carbone associé à d'autres éléments tels que l'hydrogène, l'oxygène, le soufre, le phosphore, le silicium, l'azote ou des halogènes. Leur volatilité leur permet de s'évaporer facilement dans les conditions normales de température et de pression, se propageant ainsi dans l'air ambiant et en modifiant la composition chimique.

Les COV regroupent de nombreuses substances, parmi lesquelles le butane, le toluène, l'éthanol, l'acétone et le benzène. Dans le secteur de la construction, on les retrouve principalement sous forme de solvants dans les peintures, vernis, colles et produits d'étanchéité. Ces composés sont des précurseurs de l'ozone dans l'air, contribuant à l'effet de serre et constituant des polluants majeurs directs.

Pourquoi réduire les COV dans les produits de construction ?

La réduction des émissions de COV répond à un double enjeu sanitaire et environnemental. L'air intérieur contient une concentration de COV supérieure à celle de l'air extérieur. L'amélioration constante de l'étanchéité à l'air des bâtiments aggrave ce phénomène en limitant le renouvellement d'air naturel.

Impacts sur la santé

Une surproduction d'ozone dans l'air intérieur induit des effets variables selon le niveau d'exposition, le volume d'air inhalé et la durée de l'exposition :

  • Irritation des voies respiratoires et essoufflement
  • Irritation de la peau et des muqueuses des yeux, du nez et de la gorge
  • Maladies respiratoires et allergies cutanées en cas d'exposition prolongée
  • Effets cancérogènes pour certaines substances (benzène, toluène, xylène)

Le formaldéhyde est le composé organique volatil le plus présent dans l'air intérieur, notamment issu du mobilier en bois aggloméré et de certains matériaux à base de bois.

Sources d'émission sur le chantier

Les émissions de COV proviennent de plusieurs catégories de produits que vous manipulez quotidiennement :

  • Peintures et vernis pour finitions intérieures
  • Colles et mastics
  • Mousses expansives et produits d'étanchéité
  • Matériaux de construction (bois aggloméré, panneaux dérivés)
  • Produits de nettoyage

Les installations de combustion libèrent également des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Les appareils de chauffage augmentent les risques d'exposition au monoxyde de carbone et au dioxyde de carbone, tandis que les particules fines dégagées par les appareils au bois constituent une source supplémentaire de pollution intérieure.

L'étiquetage français : un outil de sélection des produits

Pour réduire les émissions de polluants à la source, plusieurs pays européens ont développé des procédures de qualification des produits de construction basées sur leurs niveaux d'émission en polluants volatils. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié en 2006 et mis à jour en 2009 une procédure de qualification des émissions issues des produits de construction et de décoration, qui a servi de base à l'élaboration de la réglementation française.

Depuis 2012, la France impose sur l'étiquetage des produits de construction et de bricolage l'indication de leurs risques pour la santé. Ce système de qualification permet d'identifier et de promouvoir auprès des professionnels et des consommateurs les matériaux de construction et produits de décoration considérés comme « faiblement émissifs ».

Comment limiter votre exposition aux COV sur le chantier ?

Vous pouvez réduire significativement l'exposition aux COV en adoptant ces pratiques :

  • Privilégier les produits biosourcés et les formulations à faible teneur en solvants organiques
  • Vérifier systématiquement l'étiquetage des émissions avant l'achat
  • Assurer une ventilation efficace pendant et après l'application des produits
  • Respecter les temps de séchage et d'aération recommandés par les fabricants
  • Porter les équipements de protection individuelle adaptés (masques à cartouche pour vapeurs organiques)

L'Europe s'est engagée dans la réduction des émissions de COV depuis l'adoption du Protocole de Genève en 1991, renforcé par le Protocole de Göteborg multi-polluants et multi-effets depuis 1999. La politique de développement durable française a permis de réduire les émissions de COV de 60 % entre 1988 et 2008.

En choisissant des matériaux faiblement émissifs et en respectant les bonnes pratiques d'application, vous contribuez à améliorer la qualité de l'air intérieur des bâtiments que vous construisez ou rénovez, tout en protégeant votre propre santé et celle des occupants futurs.