Les mortiers de jointoiement remplissent les espaces entre carreaux ou pavés et garantissent la cohésion, l'étanchéité et la durabilité des surfaces. Leur fonction ne se limite pas à l'esthétique : ils absorbent les déformations du support, empêchent l'infiltration d'eau et de saleté, et facilitent la prise de la colle. Contrairement au sable ou à la terre, qui se déplacent avec le temps, ces composés offrent une solution permanente et résistante. Le choix du type de mortier dépend du format des carreaux, de l'environnement d'application et des charges prévues.

Qu'est-ce qu'un mortier de jointoiement et quelle est sa composition ?

Un mortier de jointoiement est un matériau permettant de remplir ou de sceller les joints entre carrelages ou pavages. Ce processus de remplissage est appelé « jointoiement ». En général, le mortier est composé d'un mélange de ciments, de granulats, d'additifs spéciaux, de pigments et de résines synthétiques. Ce sont ces derniers qui déterminent les propriétés techniques — résistance mécanique, perméabilité, flexibilité — ainsi que la couleur du produit final.

Les mortiers de jointoiement se distinguent des adhésifs de construction par leur capacité à autoriser une certaine flexibilité et à mieux s'adapter aux mouvements naturels du sol. Ils protègent également contre la prolifération de mauvaises herbes et de bactéries, contribuant ainsi à la longévité de la surface pavée ou carrelée.

Quels sont les principaux types de mortiers de jointoiement ?

On distingue trois grandes familles de mortiers, chacune présentant des caractéristiques distinctes adaptées à des besoins spécifiques.

Mortiers conventionnels à base de ciment

Les mortiers conventionnels, constitués principalement de ciment blanc, représentent le choix classique pour les joints de pavage et de carrelage. Utilisés dans des projets comme les trottoirs et les allées piétonnes, ils offrent une bonne résistance mécanique pour un coût modéré. Leur principale limite réside dans leur perméabilité et l'absence d'additifs hydrofuges et anti-moisissures : le ciment absorbe la saleté, ce qui favorise la prolifération de bactéries et entraîne le jaunissement ou le noircissement des joints au fil du temps. Le nettoyage devient alors fastidieux.

Mortiers avec additifs hydrofuges et anti-bactériens

Ces mortiers intègrent des additifs qui confèrent des propriétés supplémentaires : imperméabilité, résistance aux moisissures et facilité d'entretien. Ils sont particulièrement adaptés aux zones humides telles que les baignoires, les receveurs de douche ou les terrasses. Les additifs permettent d'éviter la prolifération des bactéries et de maintenir l'uniformité de couleur sur le long terme. Ce type de mortier constitue une solution intermédiaire entre les mortiers conventionnels et les systèmes époxy.

Mortiers époxy bi-composants

Les mortiers liquides à base d'époxy représentent la solution haut de gamme. Contrairement aux précédents, ils ne se présentent pas sous forme de poudre mais sous forme bi-composant : une résine époxy réagit avec un durcisseur pour donner naissance à un polymère thermodurcissable. Cette réaction chimique confère au mortier des propriétés mécaniques supérieures et une résistance élevée aux taches, aux produits chimiques, aux bactéries et aux champignons. L'uniformité de couleur est garantie dans le temps, sans décoloration ni jaunissement.

Les mortiers époxy sont particulièrement adaptés aux surfaces soumises à des charges lourdes — voies d'accès pour véhicules, parkings, zones de stationnement industrielles — ainsi qu'aux rues pavées. Certains systèmes sont conçus pour supporter jusqu'à 40 tonnes, ce qui en fait une solution fiable pour les secteurs publics et commerciaux où le trafic est intense. Cette capacité à résister à des pressions extrêmes assure la stabilité et la longévité des pavements même dans les conditions les plus rigoureuses.

Comment choisir le mortier adapté à votre projet ?

La sélection d'un mortier de jointoiement repose sur plusieurs critères techniques et environnementaux :

  • Type de matériau : pierres naturelles, briques, grès cérame, pavés en béton. Chaque matériau impose des exigences spécifiques en termes d'adhérence et de compatibilité chimique.
  • Environnement d'application : intérieur ou extérieur, zone humide ou sèche, exposition aux cycles de gel-dégel. Les conditions climatiques influencent le choix du liant et des additifs.
  • Charges prévues : passage piétonnier, circulation automobile légère ou trafic poids lourd. Les mortiers pour zones de fort trafic doivent présenter une résistance à la compression et à l'abrasion supérieure.
  • Largeur de joint : elle dépend du format des carreaux et des conditions du lieu. Pour les installations intérieures, la largeur minimale recommandée est de 1,5 mm, bien que dans la pratique on observe souvent 1 mm voire 0,5 mm. Pour les carreaux de grand format, il convient de prévoir 3 à 5 mm. À l'extérieur, où la dilatation des matériaux est plus importante, les joints peuvent varier de 5 mm à 20 mm.
  • Esthétique : le choix de la couleur du mortier permet de créer un contraste ou au contraire d'harmoniser l'ensemble. Les pigments jouent un rôle déterminant dans l'apparence finale de la surface.

Fonctions essentielles du jointoiement

Au-delà du remplissage des espaces, le mortier de jointoiement remplit plusieurs fonctions techniques critiques. Il absorbe les déformations produites dans le support, empêchant ainsi la transmission des contraintes sur les carreaux. Les terrains et les bâtiments subissent des mouvements d'expansion et de contraction liés aux variations de température et d'humidité ; grâce aux joints, ces mouvements n'affectent pas l'intégrité des carreaux.

Le mortier facilite également la prise de la colle, car le joint constitue le seul espace où l'eau présente dans la colle peut s'évaporer. Il masque les variations dimensionnelles des carreaux et permet, en cas de casse, de remplacer un carreau individuellement sans compromettre l'ensemble de la surface. Enfin, il contribue à l'imperméabilisation et à la protection contre les infiltrations, prolongeant ainsi la durée de vie de l'ouvrage.

Recommandations de mise en œuvre

Les professionnels de la chimie du bâtiment recommandent d'opter systématiquement pour un mortier avec additifs et d'éviter les mortiers conventionnels dans les projets nécessitant durabilité et facilité d'entretien. Pour les applications critiques — zones humides, trafic intense, exposition aux agents chimiques — le recours à un mortier époxy s'impose malgré son coût plus élevé. La préparation du support, le respect des temps de prise et la protection contre les intempéries pendant la phase d'application et de durcissement conditionnent la performance finale du système de jointoiement.