Mayr-Melnhof Holz se positionne comme l'un des acteurs les plus puissants de l'industrie européenne du bois : leader sur le marché du bois lamellé-collé (BSH), force motrice dans le développement du bois lamellé-croisé (CLT), un effectif de 1 695 collaborateurs répartis sur huit sites en Autriche, Allemagne, République tchèque et Suède. Derrière cette stature se cache une tradition de 150 ans, ancrée à Leoben en Styrie, et une stratégie claire : transformer le bois en matériau d'ingénierie pour les grandes structures contemporaines.
Quelle est la position de Mayr-Melnhof Holz sur le marché européen du bois d'ingénierie ?
Le groupe se décrit comme « l'une des entreprises les plus importantes de l'industrie européenne de transformation du bois » et revendique une position de leader sur le segment du bois lamellé-collé. Cette implantation repose sur une intégration verticale poussée et un réseau de production qui couvre l'Europe centrale et septentrionale. La direction du groupe est assurée par Richard Stralz (CEO) et Michael Wolfram (CFO) depuis le siège de Leoben.
Les huit sites de production – dont Leoben, Gaishorn et Reuthe en Autriche, Paskov en République tchèque, Wismar et Olsberg en Allemagne, ainsi qu'Insjön et Blyberg en Suède (sous la marque Bergkvist Siljan) – permettent au groupe de couvrir toute la chaîne de valeur, du sciage à la préfabrication d'éléments complexes en CLT et systèmes mixtes bois-béton.
Comment le groupe structure-t-il son offre produit pour la construction bois ?
Mayr-Melnhof Holz se positionne comme prestataire complet pour la construction bois d'ingénierie. Le programme de production comprend :
- Bois scié et bois de construction massif (KVH)
- Bois lamellé-collé (BSH), composants spéciaux, plafonds et dalles en bois lamellé-collé
- Poutres Duo et Trio
- Bois lamellé-croisé (CLT), le « matériau de construction et de travail de demain » selon l'entreprise
- Éléments composites bois-béton
- Systèmes de coffrage pour béton
Cette palette traduit une ambition : devenir le partenaire intégral des projets de construction bois multi-étages, où le CLT joue un rôle structurel déterminant. Le bois lamellé-croisé permet en effet d'ériger des bâtiments de grande hauteur avec des propriétés statiques comparables au béton armé, tout en offrant un bilan carbone nettement plus favorable – un argument clé dans le contexte réglementaire européen actuel.
Quelle stratégie de durabilité et d'innovation porte le groupe ?
Le discours de Mayr-Melnhof Holz s'articule autour de la devise « Wo Ideen wachsen können » (« Là où les idées peuvent grandir »), qui traduit une volonté d'amélioration continue des techniques de fabrication, des processus, des méthodes de construction et des services. Le groupe insiste sur sa dimension « durable » et son orientation vers « les prochaines générations ».
Cette stratégie s'appuie sur le bois comme matériau de stockage carbone. À la différence des matériaux minéraux tels que le ciment ou l'acier, le bois capte le CO₂ atmosphérique durant sa croissance et le séquestre dans la structure bâtie – pour autant que les forêts d'origine soient gérées durablement et que les cycles de récolte soient alignés sur les taux de régénération.
Dans un contexte français où les déclarations environnementales produits (EPD) et le label DGNB gagnent en importance dans les appels d'offres publics, cette approche matériau constitue un avantage compétitif tangible. Le groupe STEICO, autre acteur majeur du CLT en Europe, poursuit une stratégie similaire centrée sur la préfabrication et l'intégration verticale.
Quel ancrage historique et territorial pour une entreprise multinationale ?
Mayr-Melnhof Holz revendique des « racines profondes » remontant à 1872. Le siège du groupe, situé Turmgasse 67 à Leoben (Styrie), héberge la holding Mayr-Melnhof Holz Holding AG, immatriculée sous le numéro FN 197411 k au tribunal de commerce de Leoben, avec le numéro d'identification fiscale autrichien ATU 50297904.
Cet ancrage styrien n'empêche pas une expansion géographique continue, notamment en Allemagne du Nord (Wismar, Olsberg) et en Suède via l'acquisition de Bergkvist Siljan. L'effectif de 1 695 collaborateurs reflète une taille critique qui permet au groupe de négocier des contrats cadres avec les grands donneurs d'ordre du bâtiment et de l'infrastructure en Europe.
Quels défis pour le positionnement de Mayr-Melnhof Holz face à la concurrence ?
Le marché européen du bois d'ingénierie connaît une consolidation rapide. Face à des concurrents comme EGGER, Binderholz ou Stora Enso, la stratégie de Mayr-Melnhof repose sur trois piliers : la maîtrise de l'ensemble de la chaîne de transformation, l'innovation produit (notamment sur les systèmes mixtes bois-béton) et la proximité géographique avec les grands marchés de construction d'Europe centrale.
Le groupe mise également sur l'essor réglementaire de la construction bois. En France, la réglementation environnementale RE2020 impose des plafonds d'émissions carbone qui rendent le bois lamellé-croisé de plus en plus compétitif face au béton conventionnel dans les projets tertiaires et résidentiels collectifs.
Toutefois, la volatilité des prix du bois résineux et la dépendance aux cycles de construction immobilière – actuellement en ralentissement en Allemagne et en Autriche – constituent des risques structurels. La capacité à sécuriser des approvisionnements forestiers à long terme, tout en maintenant la compétitivité-prix face aux solutions hybrides acier-béton, déterminera la trajectoire de croissance du groupe dans les prochaines années.
Quel bilan tirer de cette montée en puissance industrielle ?
Mayr-Melnhof Holz illustre la transformation de la filière bois européenne : d'une industrie de première transformation (sciage, rabotage) vers une industrie d'ingénierie proposant des solutions structurelles complètes. Le groupe capitalise sur un héritage industriel ancien, une intégration verticale poussée et un positionnement stratégique sur le CLT, matériau clé de la transition bas-carbone dans le bâtiment.
Pour les prescripteurs – architectes, bureaux d'études, maîtres d'ouvrage publics –, cette montée en puissance signifie une offre de plus en plus structurée, des délais de livraison raccourcis grâce à la préfabrication, et une traçabilité renforcée des performances environnementales via les EPD. Reste à voir si le groupe parviendra à maintenir son avantage concurrentiel dans un marché où la pression sur les prix et l'exigence de certification se renforcent simultanément.
