Le cuvelage désigne l'ensemble des moyens mis en œuvre pour empêcher l'eau du sol de s'infiltrer dans le sous-sol d'un bâtiment. Les infiltrations peuvent apparaître sous forme liquide ou bien sous forme de vapeur d'eau. Le DTU 14.1 constitue le document de référence pour ces travaux, applicable à la structure résistante des bâtiments et aux ouvrages solidarisés en béton armé ou précontraint. Cette norme s'adresse aux deux professions concernées : le gros œuvre et les cuveleurs.

Les trois systèmes de cuvelage définis par le DTU 14.1

Le DTU 14.1 détaille trois types de cuvelage distincts, chacun répondant à des exigences spécifiques en fonction du niveau de protection recherché. Le premier, le cuvelage avec revêtement d'imperméabilisation, s'oppose uniquement à l'eau sous forme liquide. Le deuxième, le cuvelage à structure relativement étanche, repose sur les caractéristiques intrinsèques du béton. Le troisième, le cuvelage avec revêtement d'étanchéité, bloque l'eau sous sa forme liquide mais aussi la vapeur d'eau.

Chaque système se justifie selon la destination des locaux. La norme introduit notamment la définition des locaux nobles, qui ne tolèrent aucune trace d'humidité. Dans ce cas, la mise en place d'une étanchéité est de rigueur pour l'ouvrage concerné.

Revêtement d'imperméabilisation : mortiers et résines liquides

Le revêtement d'imperméabilisation se réalise sur la structure résistante, incluant les planchers intermédiaires, les murs et poteaux porteurs. Certains ouvrages solidaires comme les escaliers peuvent également être concernés. La mise en œuvre s'effectue en veillant à respecter le niveau d'arase minimal.

Le DTU 14.1 décrit quatre principales techniques :

  • Le revêtement mince à base d'enduit de mortier avec une épaisseur minimale de 4 mm en horizontal et 3 mm en vertical.
  • Le revêtement épais à base d'enduit de mortier avec une épaisseur minimale de 30 mm en horizontal et 24 mm en vertical.
  • Un revêtement d'imperméabilisation liquide à base de résines synthétiques pour une application rapide des produits en couches minces, désigné SIL (Systèmes d'Imperméabilisation Liquides).
  • Un revêtement de minéralisation de surface qui pénètre dans les capillaires des supports en béton armé.

Les revêtements doivent être appliqués en épaisseur relativement constante et rester accessibles pour l'entretien. Seuls certains habillages définis dans le DTU 14.1 sont admissibles. Le béton utilisé doit être conforme aux préconisations du DTU 21 pour ce type d'ouvrage.

Revêtement d'étanchéité : membranes bitumineuses et PVC-P

Interdit dans les locaux inondables, le cuvelage d'étanchéité peut être réalisé avec un revêtement bicouches ou monocouche. Le premier est constitué de feuilles de bitume et le second de membranes synthétiques de type PVC-P.

Le revêtement bicouches possède une première feuille modifiée par élastomère SBS avec des recouvrements soudés de 10 cm. Les recouvrements de la deuxième feuille de bitume sont décalés d'au moins 30 cm en fonction du positionnement des recouvrements de la première. Le revêtement monocouche implique la pose d'un géotextile en guise de protection inférieure.

Points singuliers et traitement des joints

Une attention particulière doit être accordée aux liaisons et joints lors du cuvelage. Le DTU 14.1 détaille, dans le tableau 3 du cahier des clauses techniques, les différents traitements à appliquer. Les règles de calcul pour la longueur de cheminement de revêtement d'imperméabilisation y sont également précisées.

La nouvelle version du DTU, qui révise l'édition de 2000, donne des instructions claires sur le traitement de nombreux points singuliers qui devaient auparavant être qualifiés séparément. La norme s'est enrichie d'une troisième partie consacrée aux critères généraux de choix des matériaux, qui définit pour chaque procédé toutes les caractéristiques, exigences et méthodes d'essai demandées.

Exigences normatives et calcul selon les Eurocodes

Le DTU 14.1 s'adapte aux méthodes de calcul des Eurocodes. Il clarifie notamment les combinaisons d'actions telles que les niveaux d'eau à prendre en compte selon la destination des locaux. Cette norme constitue un guide pratique pour les professionnels du bâtiment, récapitulant toutes les bonnes pratiques de mise en œuvre.

Le DTU se décline en trois parties : la partie 1-1 correspond au cahier des clauses techniques types, la partie 1-2 réunit les critères généraux de choix des matériaux, et la partie 2 constitue le cahier des clauses administratives spéciales types. Suivre ses recommandations garantit la réalisation d'un revêtement conforme à la norme et aux attentes de vos clients.

Pour vos travaux d'imperméabilisation, vérifiez systématiquement que votre système choisi figure bien dans le domaine d'application du DTU 14.1. La norme ne s'applique pas aux structures résistantes à partir de béton caverneux, cellulaire, à granulats lourds ou légers, ni au gros béton. Des prescriptions particulières sont à prendre en compte pour ces ouvrages spécifiques.