La Fédération Française des Tuiles et Briques (FFTB) accélère ses recherches sur les façades dites « actives », capables de fixer le dioxyde de carbone directement dans la masse de briques et tuiles de couverture. Cette orientation stratégique repositionne des matériaux de construction séculaires comme outils potentiels de réduction des émissions carbone du secteur du bâtiment.
Le concept repose sur l'intégration de mécanismes de carbonatation accélérée ou de traitements chimiques de surface, permettant aux éléments de maçonnerie de devenir des puits de CO₂ au cours de leur cycle de vie. Contrairement aux solutions passives de simple réduction d'empreinte carbone à la fabrication, ces technologies visent une séquestration active pendant l'exploitation des bâtiments.
Pour les prescripteurs et maîtres d'œuvre, cette évolution suppose une réévaluation des critères de sélection des matériaux : au-delà des propriétés thermiques (lambda, U-valeur) et mécaniques (classe de résistance), les façades actives ajoutent une dimension environnementale mesurable en grammes de CO₂ séquestré par élément. Reste à valider la fiabilité de ces performances sur la durée de vie et leur certification selon les référentiels EPD ou Déclarations Environnementales Produit harmonisées.
L'enjeu industriel est majeur : si la technologie atteint la maturité commerciale, elle redéfinirait le positionnement compétitif des tuiles et briques face à d'autres matériaux de façade, tout en renforçant la pertinence économique des filières de production régionales.